Un jeune, une passion n°11 : Manon et l'engagement bénévole

Témoignages
Publié le 15.07.2026

À 26 ans, Manon est bénévole à la Croix-Rouge française depuis près de dix ans et lauréate du Trophée départemental Elles en Seine – Femmes remarquables 2026. Présidente de l’unité locale de Meudon depuis 2021, elle encadre aujourd’hui avec son équipe plus d’une centaine de bénévoles. Pourtant, rien ne la destinait à cet engagement. Ce qui devait être une simple activité est devenu une véritable aventure humaine qui l’a aidée à prendre confiance en elle, à grandir et à trouver sa place. Elle partage son parcours avec Futur en Main.

 

@Willy LABRE



Futur en Main : Peux-tu te présenter en quelques mots ? 
Manon : J’ai 26 ans. Je travaille dans le secteur du BTP où je m’occupe de communication et de marketing. Je suis bénévole à la Croix-Rouge depuis mes 16 ans et présidente de l’unité locale de Meudon depuis 2021. J’habite aujourd’hui dans l’Essonne mais je suis restée très attachée à Meudon, où tout a commencé pour moi. 
 
Futur en Main : Comment as-tu découvert la Croix-Rouge ? 
Manon : C’est assez drôle parce qu’à l’origine, je cherchais simplement un sport. Je suis allée à un forum des associations quand j’avais 16 ans et je suis tombée sur le stand de la Croix-Rouge. Finalement, je n’ai jamais commencé le sport, mais j’ai commencé le bénévolat ! Au départ, je participais à quelques activités ponctuelles. Puis j’ai découvert un univers qui me plaisait énormément. J’avais le sentiment d’occuper mon temps libre utilement, d’aider les autres et de me sentir utile. Petit à petit, c’est devenu une véritable passion. 
 
Futur en Main : Qu’est-ce qui t’a donné envie de continuer et de t’investir autant ? 
Manon : Au début, ce n’était pas une vocation. Mais plus le temps passait, plus je découvrais tout ce que cet engagement m’apportait. J’ai rencontré des personnes incroyables, développé de nouvelles compétences et trouvé un environnement dans lequel je me sentais bien. Aujourd’hui, la Croix-Rouge fait partie de mon identité. Beaucoup de mes amis viennent de cet engagement et certaines personnes sont même devenues comme une famille. 
 
Futur en Main : Qu’est-ce que signifie pour toi aider les autres ? 
Manon : Pour moi, aider les autres, c’est apporter une ou plusieurs solutions aux difficultés qu’ils rencontrent. Parfois, c’est immédiat, avec un geste de secours. D’autres fois, cela demande du temps, de l’écoute ou un accompagnement administratif. Souvent, derrière un problème, il y en a plusieurs autres. Quelqu’un peut venir pour une démarche administrative mais souffrir aussi d’isolement ou de difficultés liées à la langue. Aider, c’est essayer de comprendre l’ensemble de la situation pour accompagner la personne au mieux. 
 
Futur en Main : Y a-t-il un souvenir qui t’a particulièrement marquée depuis tes débuts ? 
Manon : Oui. Lors d’une intervention de secours qui semblait assez classique au départ, nous sommes intervenus auprès d’une femme victime d’un malaise dans la rue. Pendant notre échange, elle a commencé à se confier et j’ai compris qu’elle vivait des violences conjugales. Nous avons beaucoup discuté jusqu’à son arrivée à l’hôpital. Je me souviens surtout de son sourire lorsqu’elle m’a remerciée avant de partir. Je n’avais pourtant fait que mon rôle, mais voir quelqu’un retrouver un peu de confiance et d’apaisement grâce à une simple discussion m’a profondément marquée. 
 
Futur en Main : Est-ce que tu imaginais, à 16 ans, devenir présidente d’une association et encadrer plus de 100 bénévoles ? 
Manon : Pas du tout. Je n’aurais jamais pensé être capable de faire tout ça. Aujourd’hui encore, j’oublie parfois que cet engagement est assez hors du commun parce qu’il fait partie de mon quotidien. Quand je regarde mon parcours, je réalise à quel point la Croix-Rouge m’a permis de dépasser mes limites et de prendre confiance en moi. 
 
Futur en Main : Qu’est-ce que le bénévolat t’a appris sur toi-même ? 
Manon : Il m’a appris que j’étais capable. Je pense que c’est la plus grande découverte. J’ai appris à mieux me connaître, à comprendre ce que j’aimais, ce qui me motivait et ce que je voulais construire dans ma vie. J’ai également développé beaucoup de compétences : l’écoute, la diplomatie, la prise de parole en public, la gestion de projet ou encore le management. Toutes ces expériences m’aident aujourd’hui dans ma vie professionnelle. 
 
Futur en Main : Est-ce que cet engagement a changé ta façon de voir la vie ? 
Manon : Oui, énormément. J’ai appris que tout peut basculer très vite. À travers les missions de secours ou les actions sociales, on rencontre des personnes qui traversent des situations très difficiles. Cela m’a appris à profiter davantage de chaque moment et à relativiser certaines choses du quotidien. J’ai aussi découvert une immense force chez les personnes que nous accompagnons. Beaucoup d’entre elles nous apportent autant que nous leur apportons. 
 
Futur en Main : Certaines situations doivent être difficiles à vivre. Comment fais-tu pour prendre soin de toi ? 
Manon : Je pense qu’il est essentiel de savoir reconnaître ses limites. Pour aider les autres, il faut aussi savoir prendre soin de soi. Il est important de pouvoir parler quand quelque chose nous touche, que ce soit avec son équipe ou avec ses responsables. Nous ne sommes jamais seuls. Le bénévolat est une aventure collective et c’est justement cette solidarité qui permet d’avancer ensemble. 
 
Futur en Main : Selon toi, peut-on réussir même quand on a connu des difficultés dans son parcours ? 
Manon : Bien sûr. Je rencontre régulièrement des personnes qui ont traversé des périodes très compliquées et qui ont réussi à se reconstruire. Certaines ont même été accompagnées par la Croix-Rouge avant de devenir bénévoles à leur tour. Peu importe les obstacles rencontrés, il est toujours possible d’avancer. Parfois cela prend du temps, mais il ne faut jamais perdre espoir. 
 
Futur en Main : Quel message aimerais-tu transmettre à un jeune qui manque de confiance en lui ? 
Manon : J’aimerais lui dire, ose ! Ose essayer, ose apprendre à te connaître, ose te lancer même si tu as peur. On n’est pas obligé de réussir du premier coup. On a le droit de se tromper. Mais tant qu’on n’essaie pas, on ne découvre jamais de quoi on est capable. 
 
Futur en Main : Et à un jeune qui pense qu’il n’a pas sa place dans une association ou dans un projet ? 
Manon : Personne n’est de trop. Dans une association, il n’y a pas besoin d’avoir un parcours parfait, un diplôme particulier ou une grande expérience. Il suffit d’avoir envie d’apprendre, d’aider et de s’investir un peu. Chacun arrive avec son histoire, ses qualités et ses différences. C’est justement cette diversité qui fait la richesse du bénévolat. 
 
Futur en Main : Qu’est-ce qui te motive à continuer aujourd’hui ? 
Manon : Le sentiment d’utilité. Quand je traverse une période difficile, je pense souvent aux personnes que j’ai rencontrées. Certaines ont vécu des épreuves immenses et continuent malgré tout à avancer. Cela me rappelle qu’il faut continuer à croire en soi et à ne pas abandonner. Savoir que mon engagement peut avoir un impact positif dans la vie de quelqu’un reste ma plus grande motivation. 
 
Futur en Main : Si tu devais résumer ton parcours en un seul mot, lequel choisirais-tu ? 
Manon : Surprenant. Parce que je me suis découverte moi-même. J’ai appris des choses que je n’aurais jamais imaginées sur mes capacités, mes valeurs et ma force. Cet engagement a changé ma vie et m’a permis de devenir la personne que je suis aujourd’hui. 
 
Futur en Main remercie chaleureusement Manon pour ce témoignage inspirant. Son parcours rappelle qu’un simple premier pas peut parfois changer une vie et que l’engagement permet souvent de découvrir des forces que l’on ne soupçonnait pas. Futur en Main remercie également Amyra ALMONT, Service civique à la Direction Enfance, Adolescence et Famille du Conseil départemental des Hauts-de-Seine pour la réalisation de l'interview.

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