ENVIE DE FUGUER ?

Mon quotidien
Publié le 24.02.2026

Parfois, l’envie de fuguer peut sembler être la seule solution. On en parle pour comprendre ce qui se passe et trouver de l’aide.

A certains moments, t’as juste envie de tout quitter. Tout laisser derrière toi. Disparaître. Ça peut sembler être la seule solution. Et crois-le ou non, ça peut arriver à n’importe quel jeune, à différents moments de la vie. Fugue, disparition… ça ne touche pas que ceux qui sont suivis par des services sociaux. Ça peut arriver à toi, à un pote, à un camarade, à quelqu’un que tu connais. En France, un enfant est déclaré disparu toutes les dix minutes. Et dans presque 9 cas sur 10, c’est une fugue. Chaque année, environ 40 000 jeunes se font signaler à la police ou à la gendarmerie. Oui, ça fait beaucoup. C’est pour ça que comprendre ce qui se passe, ce qu’en dit la loi, et savoir vers qui se tourner peut vraiment faire la différence. Que ce soit pour toi ou pour un ami.

Dans ce dossier, on se base sur le 116 000, le numéro national pour les enfants disparus. On va t’expliquer pourquoi ça arrive, ce que ça implique, et comment se protéger ou aider quelqu’un dans cette situation.

On parle de fugue quand un mineur quitte son lieu de vie habituel — domicile familial, foyer ou famille d’accueil — sans que les personnes responsables soient d’accord.
Pour les jeunes majeurs, on parle plutôt de disparition, même si les situations et les risques peuvent être très proches.

👉 Fuguer ou disparaître n’est jamais anodin : c’est souvent un signe de mal-être, de difficultés, ou d’un besoin de prendre du recul.

La fugue n’est pas un délit : un mineur ne peut pas être puni par la loi pour avoir quitté son domicile sans autorisation (article 371‑3 du Code civil).
Mais attention : même si ce n’est pas un crime, une fugue reste une situation sérieuse qui peut avoir des conséquences importantes, parfois inattendues.

  • Quand une fugue est signalée, la police ou la gendarmerie intervient pour retrouver le jeune. Des échanges peuvent avoir lieu avec la famille, l’entourage ou l’école, pour comprendre ce qui se passe et localiser la personne.
     
  • Si le départ concerne le domicile familial, une information préoccupante peut être transmise à l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Selon les besoins, différentes mesures peuvent être mises en place : soutien éducatif dans la famille, accompagnement spécifique, suivi médical, ou si nécessaire, un accueil temporaire ou durable hors du domicile.
     
  • Si la fugue a lieu depuis une structure d’accueil (foyer, maison d’enfants, famille d’accueil), cela peut aussi avoir des répercussions sur le parcours du jeune : suspension de l’accueil, changement de lieu de prise en charge ou réévaluation des projets en cours.

👉 Les Services des solidarités territoriales (SST) jouent un rôle clé pour accompagner les jeunes en difficulté. Si tu as peur de rentrer chez toi, si tu te sens en danger ou en insécurité, tu peux te rendre au SST le plus proche. Des professionnels qualifiés t’accueillent, souvent sans rendez‑vous, pour écouter, soutenir et proposer des solutions adaptées. Leur mission : t’accompagner, te protéger si nécessaire et t’aider à trouver des conditions de vie plus sûres.

Toutes ces démarches ont un seul objectif : ta protection, ta sécurité et ton bien‑être, pas te sanctionner.

Pourquoi certains jeunes ont envie de partir ?

Penser à fuguer n’est pas anormal et peut s’expliquer par la façon dont notre cerveau réagit au stress. Quand on vit une situation difficile, il peut réagir de trois manières : combattre, fuir ou subir. Alors, le fait d’y penser est normal.
Ce qui compte, c’est de comprendre pourquoi tu y penses : est-ce pour fuir un danger ou juste pour échapper à un mal‑être ? Dans tous les cas, tu n’es pas seul. Il existe toujours des solutions, et aucune ne devrait te mettre en danger.

Fuguer est un acte important et souvent lié à une émotion très forte : colère, tristesse, peur, révolte, ou même besoin de liberté. Les raisons peuvent être variées : des disputes ou incompréhensions à la maison, un sentiment d’injustice, une situation dangereuse, le besoin de respirer, ou la solitude et la fatigue.

👉 Avoir envie de partir n’est pas une faute.
Mais partir sans protection peut exposer à des risques importants.

Beaucoup d’adolescents voient la fugue comme un moyen de liberté, sans toujours mesurer tous les risques. Partir de chez soi sans solution stable peut vite te mettre dans des situations très vulnérables.

Sans un lieu sûr, tu peux te retrouver :

  • sans endroit pour dormir
  • dépendant de personnes que tu ne connais pas
  • isolé, sans soutien ni ressources
  • coupé de tes droits (santé, scolarité, aides…)

Ces situations peuvent entraîner des violences, de la manipulation, de l’exploitation, ou pousser à des comportements à risque comme l’alcool ou les drogues. Même si la fugue peut sembler être une solution sur le moment, elle entraîne souvent plus de dangers que de réponses.

A savoir : héberger un mineur sans l’accord des personnes exerçant l’autorité parentale constitue une infraction pénale. Ce comportement est qualifié de détournement de mineur et est sanctionné par la loi.

Idées reçues

« Fuguer permet de régler les problèmes »
✔️ Les difficultés sont souvent toujours présentes au retour.

« Si je reviens, je vais avoir des problèmes »
✔️ Il existe des dispositifs pour accompagner le retour et protéger le jeune.

« Je dois me débrouiller seul »
✔️ Demander de l’aide est un acte courageux.

Prendre du recul et demander de l’aide.

Quand l’envie de partir apparaît, faire une pause peut vraiment aider. Prends un moment pour te poser et faire le point sur ce que tu ressens. Ecrire, dessiner, écouter de la musique, pleurer, crier dans un endroit sûr… tout ce qui peut t’aider à faire redescendre la pression est utile.

Parfois, l’envie de fuguer ne vient pas d’un vrai désir de partir, mais surtout d’un besoin d’être entendu, compris ou de souffler un peu. Laisser le temps à l’émotion de passer peut déjà changer beaucoup de choses.

Ne reste pas seul avec ce que tu vis. Parler est essentiel. Ça peut être un ami, un membre de ta famille, un professeur, un éducateur ou tout adulte de confiance. Exprimer ce que tu ressens aide à y voir plus clair et peut faire émerger des solutions auxquelles tu n’avais pas pensé.

Si tu ressens le besoin de faire une pause, pense à une solution qui ne te mette pas en danger : t’isoler dans ta chambre, passer du temps dans un endroit sûr, ou contacter quelqu’un qui pourra t’écouter et te soutenir.

👉 Il vaut toujours mieux être accompagné que rester seul.

Si tu es en danger immédiat, demande de l’aide sans attendre.
📞 Police / Gendarmerie : 17
📞 119 – Allô Enfance en Danger (gratuit, 24h/24)

Ces services sont là pour t’écouter, t’aider et te protéger. Tu n’as pas à gérer ça tout seul.

Revenir après une fugue peut être difficile : peur du jugement, peur des conséquences, incertitude. Tout cela est normal, mais...

≫ Tu as le droit de changer d’avis

Si tu souhaites rentrer chez toi mais ne sais pas comment t’y prendre, rappelle-toi : partir t’a peut-être semblé nécessaire à un moment, mais tu réalises maintenant que la fugue ne répond pas à toutes tes attentes. Changer d’avis, c’est en réalité un signe que tu veux sortir de la crise et que tu souhaites que les choses s’améliorent.

💡 Ton avis compte : n’hésite pas à partager tes idées et propositions. Echanger avec tes proches permet de trouver un arrangement qui fonctionne pour tous.

Rentrer demande du courage et de l’énergie, mais c’est aussi reprendre le contrôle de ta situation. Même si affronter la réaction de ton entourage peut faire peur, ce que tu imagines est souvent pire que la réalité. Les émotions de tes proches, inquiétude, colère, soulagement, câlins sont normales et montrent qu’ils se sont inquiétés pour toi.

≫ Je franchis le pas : je rentre chez moi

Une fois rentré, prends le temps de te sentir en sécurité et de te reposer. Ensuite, dès que tu te sens prêt :

  • Rétablis le dialogue : exprime ce que tu as ressenti, ressens ou ce que tu aimerais voir changer.
  • Si tu n’arrives pas à parler directement, écris tes émotions ou demande l’aide d’une personne neutre ou d’un médiateur.
     

💡 Si le retour est difficile
Si la communication est tendue ou que tu envisages de repartir : isole-toi dans un endroit sûr, respire et attends que les choses se calment.

Pour t’aider, tu peux rappeler le 116 000 – Enfants disparus, qui accompagne les jeunes et leurs proches avant, pendant et après une fugue.

Si tu ne veux plus fuguer mais n’es pas prêt à rentrer : 

  • Solutions temporaires :
    • Les Points Accueil Ecoute Jeunes (PAEJ) proposent écoute, soutien, orientation et parfois hébergement pour quelques nuits. Vérifie les horaires et contacte-les avant de te déplacer.
    • La loi te permet de bénéficier de l’Aide Sociale à l’Enfance pour un accueil d’urgence en cas de fugue : jusqu’à 72h sans autorisation parentale. Contacte le 119 pour plus d’infos.
  • Solutions temporaires ou sur la durée :
    • Proposer de rester chez un membre de la famille ou une personne de confiance pendant quelques jours ou semaines, pour prendre du recul et rester en sécurité.

💡 Rappelle-toi :

  • Tu peux toujours demander de l’aide
  • Des professionnels peuvent accompagner ton retour

 

Si un ami a fugué :

  • Rester en contact si possible
  • L’encourager à se mettre en sécurité
  • Demander conseil à un adulte ou à une association
  • Appeler le 116 000, même si tu n’es pas de sa famille

👉 Aider un ami, ce n’est pas le trahir.

Un adulte peut décider de ne plus donner de nouvelles.
Cependant, une disparition inquiétante peut être signalée si :

  • Le comportement est inhabituel
  • La personne est en danger
  • Il y a une rupture brutale avec son entourage

Etre majeur ne signifie pas devoir affronter seul ses difficultés.
Des aides et des accompagnements existent aussi pour les majeurs

Avant de partir, il est possible de :

  • Demander un temps de pause ou de médiation
  • Solliciter une aide extérieure
  • Appeler une ligne d’écoute
  • Se faire accompagner pour trouver des solutions

👉 Parler à quelqu’un peut permettre d’envisager d’autres issues.

Ressources utiles

 

Ces services sont gratuits, confidentiels et bienveillants.